Activité et vie de la Commune de Levet
La place de l’Église de Levet porte son nom, mais combien savent exactement qui est Roland Guérin de Vaux. Voici quelques lignes pour découvrir ou redécouvrir un personnage illustre qui vécut plusieurs années à Levet.
Roland de Vaux est né à Paris le 17 décembre 1903. Il passe son enfance et son adolescence dans le domaine de Soulangy, sur la Commune de Levet.
Il se fit dominicain de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qu'il dirigeat. Le Père Roland de Vaux était à la fois exégète de l'Ancien Testament et archéologue de terrain. C’est à ce titre qu’il a dirigé l’équipe catholique qui a travaillé sur les manuscrits de la Mer Morte découverts à Qumrân.
Qumrân, actuellement site archéologique en Israël, n'a guère suscité d'intérêt jusqu'à la découverte des manuscrits en 1947 par un berger. Roland de Vaux dirige alors les fouilles dans la première grotte découverte. Il sera également l’inventeur de la quatrième grotte en 1952. Elles livrent une à une leurs fragments de manuscrits : la règle de la communauté qui résidait là depuis plus d’un siècle av J.-C., un commentaire araméen des quinze premiers chapitres de la Genèse, un manuscrit d’Ézéchiel, un rouleau des Psaumes, un commentaire araméen du livre de Job, et surtout un long rouleau d’Isaïe, bande de plus de 7 mètres de long, parfaitement conservée selon les spécialistes. S’ajoutent à cela le rouleau du Temple, présentant une description du Temple de Jérusalem, les règles de pureté rituelle à Qumrân, les offrandes à l’occasion des fêtes, et les statuts du roi et de l’armée. Les plus anciens éléments découverts à Qumrân datent du IIe siècle av. J.-C.
De ses découvertes, le chercheur a tiré la conclusion que Qumrân était le lieu d'établissement d'une secte, laquelle a déposé les manuscrits dans les grottes alentour. Cette secte, Roland de Vaux et d'autres l'ont ensuite identifiée comme la secte juive des esséniens, décrite dans divers récits de l'Antiquité. Bien que certains chercheurs aient proposé d'autres interprétations - une villa rustica, un fort, un manoir ou un centre de commerce - aucune de ces alternatives n'est vraiment convaincante.
La fouille, qui était sa vie, son « élément », selon ses dires, n’était toutefois pas tout. Il s’est également donné à l’écriture. Il a fait de nombreux écrits sur les fouilles de Qumrân. Il publia notamment en 1961 « L’Archéologie et les Manuscrits de la Mer Morte », synthèse dans laquelle il donnait ses conclusions sur la secte des esséniens. Il inaugure également les cahiers de la revue biblique créés en 1964 par l’école biblique de Jérusalem en y publiant, dans son premier numéro, un dossier sur « Les sacrifices de l’Ancien Testament ». Il aborde également à plusieurs reprises la question de l’historicité des Patriarches de l’Ancien Testament. Il aboutit à une vaste synthèse publiée dans son « Histoire ancienne d’Israël », œuvre interrompue par sa mort.
Il décède brutalement le 10 septembre 1971 à Jérusalem à l’âge de 68 ans. De sa mort, il disait : « plantez-moi un saule au cimetière, que j’ai au moins quelqu’un pour pleurer sur ma tombe. »