Activité et vie de la Commune de Levet
C’est l’une des questions qui a été posée lors du Conseil municipal du 15 décembre 2009, après avoir été abordée en Commission des finances une semaine auparavant.
L’objectif est de faire des économies face à un budget annuel d’électricité de 14 000 €.
Aucun consensus ne s’est dégagé. Et aucune décision n’a été prise sur ce dossier.
Moyen facile d’économiser rapidement des deniers publics, l’extinction des lumières pose un certain nombre de questions.
Tout d’abord, en termes de confort et de sécurité. Inévitablement, plonger dans le noir toute ou partie de la Commune pose la question de la sécurité. Et pas seulement celle liée à la délinquance (très limitée chez nous il est vrai), mais aussi celle liée aux habitants qui ont à se déplacer la nuit pour quelles que raisons que ce soit. On imagine qu’un habitant qui chute dans la rue et dans le noir pourra moins facilement être repéré par des passants s’il ne peut se relever ou est inconscient.
Ensuite, cette mesure ne pourra pas s’appliquer avenue nationale. En effet, cette route, classée voie expresse, doit bénéficier d’une sécurité plus grande, notamment en agglomération. Plonger dans le noir cette avenue provoquerait incontestablement des excès de vitesse pour un nombre plus important de véhicules.
Enfin, d’autres mesures sont envisageables et éviteraient une solution aussi radicale que la coupure d’éclairage :
- la baisse d’intensité électrique : le Syndicat Départemental d’Energie du Cher (SDE18) est en capacité d’effectuer les travaux subventionnés à 50 %. Elle nécessite la pose d’un variateur d’intensité sur chaque point d’éclairage sur la Commune (20 au total) pour un coût global de 60 000 €. La baisse d’intensité serait de 25 % (passant de 230 volts à 170). Un coût non négligeable certes, mais qui générerait des économies, bien que la rentabilité de cet investissement serait d’une vingtaine d’années.
- l'éclairage basse consommation : selon une étude d’Alain Chardigny réalisée en 2008 pour l’Association française de l’éclairage, la mise au point d’un éclairage public au LED n’est pas encore mature pour être utilisé. Un délai d’une quinzaine d’années semble encore nécessaire pour pouvoir la rendre utilisable dans ce domaine. Mais beaucoup de spécialistes admettent qu’il s’agit là d’une source future d’économie d’énergie à ne pas négliger. Les économies pourraient atteindre plus de 70 %.
Lors du Conseil municipal, Patrick MONDON a proposé de procéder à une étude globale sur les économies d’énergie, une étude financée à 50 % par l’ADEME (Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie).
Jean Marc CHERTIER a, quant à lui, informé le Conseil municipal, que le SDE18 avait acquis une caméra thermique permettant de mettre en évidence les pertes d’énergie dans les bâtiments communaux.
Vouloir faire des économies peut être louable, mais faut-il encore que les habitants de la Commune puissent y trouver une contrepartie. Le seul objectif d’économie est à lui seul inopérant si l’on ne met pas en face soit des projets structurants pour la Commune (investissements), soit une éventuelle baisse des impôts.
Si aujourd’hui personne ne remet en cause l’éclairage public, tout le monde admet qu’il s’agit d’une charge importante pour le budget d’une commune, mais indispensable pour la sécurité de tous et dont il ne faut pas négliger les conséquences d’une suppression pure et simple durant certaines heures de la nuit. Une étude sur la maîtrise de l’énergie, faite par des professionnels, permettrait de déterminer quels sont les pôles d’économies potentielles que la Commune pourrait réaliser, sans avoir nécessairement recours à une extinction des lumières de la Ville.